Le premier alinéa de l'article 36 de la Loi sur la Santé et le Bien-être pour les Animaux de 1992 est ainsi conçu : " Il est interdit de causer des douleurs ou des lésions à un animal ou de nuire à la santé ou au bien-être d'un animal sans but raisonnable, ou en transgressant ce qui est admissible pour atteindre un tel but ". Afin de montrer la voie au lecteur pour la manière dont il faut interpréter ce droit en termes de liberté, nous donnons 2 schémas. Le premier schéma indique comment on considère l'entretien et l'abattage des animaux dans la pratique sur la base de la législation actuelle. Ceci de 2 points de vue : la loi et " le bon sens " dans la société. Ce n'est que la cruauté (active) contre les animaux qu'on rejette dans la société comme immorale et qui soit interdite par la loi. La cruauté passive contre les animaux est rejetée par une majorité de la société, mais ses membres ne font pas encore de démarches contre cette dernière sorte de cruauté contre les animaux et la loi non plus n'a pas encore été adaptée sur ce point. Le défenseur de la loi reste en arrière du dépassement grossier des bornes par l'élevage industriel.

On indique par situation ou acte si cette dernière ou ce dernier est légalement admissible ou non et s'il est possible d'éviter la situation.

Nous indiquons dans le second schéma comment il faudrait manier la situation si l'on prend pour point de départ que les animaux ont un droit constitutionnel à la liberté.
Par exemple : " rien " n'est inévitable et à la fois légalement inadmissible (un exemple de cela n'est pas imaginable). Par contre, le braconnage est évitable et à la fois légalement inadmissible.

Les droits des animaux

Situation actuelle

Inévitable

évitable

Sans moralité / de mauvais goût

Légalement inadmissible

Rien

Braconnage

Cruauté contre les animaux

 

Légalement admissible

Tuer des bactéries et des virus

Les insectes comme victimes de la route

Marcher sur des insectes au cours d'une promenade à pied

Porter un manteau de fourrure pour le luxe

Assister aux corridas

Animaux de cirque

Manger de la viande

Tuer des mouches ou des moustiques

Oiseaux en cage

Animaux domestiques

Jardin zoologique

Chasse d'agrément

Pêche à la ligne

élevage industriel

Les mammifères comme victimes de la route

Capture secondaire de mammifères

Sexe avec des animaux

La plupart des situations dans les rapports avec les animaux relèvent de la catégorie " évitable " ; c'est à l'individu de choisir à quel degré il accepte ces situations.
Voilà la situation actuelle. Le rouge et/ou les cases à double bord indiquent ce qui n'est pas comme il faut.

Le schéma suivant montre l'idéal à poursuivre si nous prenons vraiment comme point de départ un intérêt raisonnable de l'être humain, comme supposé dans la Loi sur la Santé et le Bien-être pour les Animaux. Attention : la catégorie " évitable " s'appelle maintenant " à éviter ". Nous voulons signaler par cette différence subtile qu'il vaut mieux éviter ces choses, mais que, compte tenu de la situation, le principe que les animaux ont droit à la liberté reste valable. Par exemple : si vous estimez que vous avez le droit de manger des animaux (ce qui est évitable et non nécessaire), vous êtes néanmoins moralement obligé d'opter pour les animaux qui ont eu l'occasion de présenter leur comportement naturel autant que possible durant toute leur vie avant l'abattage.
Les animaux dont il s'agit sont des invertébrés : des poissons, des reptiles, des amphibies, des oiseaux et des mammifères. En principe, les droits des animaux valent pour tous les animaux, mais nous ne voulons pas faire d'une mouche un éléphant.

Les droits des animaux sur la base de la liberté

Situation désirée

Inévitable

à éviter

Sans moralité / de mauvais goût

 

Légalement inadmissible
/
aucun intérêt humain raisonnable

Rien

L'élevage des animaux à fourrure

Chasse d'agrément

Animaux de cirque

Pêche à la ligne

élevage industriel

Vivisection

Animaux " domestiques " exotiques

Oiseaux en cage

Jardins zoologiques privés

Cruauté contre les animaux

Braconnage

Assister aux corridas

 

Légalement admissible
/
intérêt humain concevable r

 

Tuer des bactéries

Les insectes comme victimes de la route

Marcher sur des insectes au cours d'une promenade à pied

élevage écologique

Manger de la viande

Chasse de contrôle*

Tuer des mouches ou des moustiques

Animaux domestiques**

Les mammifères comme victimes de la route

Porter un manteau de fourrure pour le luxe***

Sexe avec des animaux

Si l'on prend la liberté comme point de départ pour les droits des animaux, cela a un certain nombre de conséquences pour l'élevage, les sports et nos rapports avec les animaux domestiques : il faut les restreindre.
* Nous préférerions rendre la chasse de contrôle superflue en promouvant l'équilibre naturel, éventuellement par la (ré-)introduction de prédateurs naturels. En ce cas il ne serait pas nécessaire de discuter de la question de savoir s'il conviendrait d'interdire la chasse de contrôle.
** L'entretien d'animaux domestiques qui n'ont pas été élevés d'une façon contre nature et qui peuvent se conduire d'une manière naturelle. En général on pourrait partir du principe suivant : " si l'animal reste chez un être humain en toute liberté, il n'y a aucune objection à l'entretien de l'animal comme animal domestique ".
*** On peut être responsable de souffrance animale en premier lieu et secondairement. Le port de fourrure (synthétique) est autre chose (responsabilité plutôt secondaire) que l'élevage d'animaux à fourrure (responsabilité plutôt primaire). Une défense de porter de la fourrure va trop loin, parce qu'elle peut amener les gens à porter de la fourrure par pure rébellion et par protestation. Il en est de même pour l'obligation de manger de la viande écologique. Il est plus favorable d'exercer une pression sociale pour ces choses.

C'est à dessein que nous ne donnons pas de définition de la liberté. La liberté est un concept paradoxal, qui devient inefficace par une élaboration détaillée : " freedom defined is freedom denied " (= la définition de la liberté est la négation de la liberté).

Les animaux sont libres :

  1. de soif, de faim et de nourriture impropre ;
  2. de contraintes physiques et physiologiques ;
  3. de douleurs, de blessures et de maladies ;
  4. de peur et de détresse ;
  5. de présenter leur comportement naturel (propre à leur espèce).

Ces premières libertés sont incontestées, alors qu'il arrive (malheureusement) bien des fois dans la pratique qu'on ne réalise pas ces deux dernières libertés.