Qu'est-ce qui change quand les animaux ont des droits ?
Il est logique d'interdire la cruauté et la mutilation, physiques comme psychiques. Par exemple :
- l'essorillement (couper les oreilles) ;
- l'élevage de monstres, par des méthodes d'élevage classiques ou par la modification génétique ;
- la négligence ;
- les cruautés pendant le transport des animaux ;
- la vivisection ;
- le fait de rendre les chiens méchants ;
- certaines formes de dressage (des ours qui dansent) ;
- la bestialité ;
- les jeux cruels avec des animaux ;
- l'exposition inutile à un danger mortel (le military, soit le concours complet d'équitation).
L'abolition graduelle de l'élevage industriel et de la chasse de loisir
De même, peu de gens s'opposeront à l'interdiction de l'élevage industriel, où les animaux passent toute leur vie privés de liberté de façon illégitime. Et heureusement, peu de gens apprécient qu'on tue des animaux « pour le plaisir ».
La question devient plus délicate quand les animaux ne perdent leur liberté que pendant peu de temps, ou quand leur bien-être n'est atteint que pour une durée assez courte. C'est le cas de l'abattage et de la chasse de loisir, mais aussi de l'utilisation d'animaux dans les industries du spectacle.
Deux mesures ne poseront pas de grands problèmes :
- une limitation légale de la pêche et de la capture d'autres animaux ;
- une obligation légale d'abattre les animaux d'élevage avec les méthodes qui raccourcissent le plus possible leur souffrance.
Si l'on veut manger des animaux, on ne peut faire autrement que de les tuer, aussi vite et efficacement que possible.
La pêche à la ligne et la colombophilie
Que dire alors de la pêche à la ligne ou de la colombophilie ? Porter atteinte au bien-être d'un animal pour des loisirs est contraire au droit de l'animal à la liberté. Faut-il aussi interdire ces activités, ou une politique de découragement suffit-elle ?
La pêche à la ligne. Le chasseur de loisir cherche à tuer l'animal. Le pêcheur à la ligne, lui, veut le plus souvent seulement attraper le poisson. La plupart du temps, il le relâche ensuite. Il ne cherche ni à tuer le poisson ni à lui faire mal. Pourtant, attraper un poisson avec un hameçon ou un filet porte atteinte à son intégrité physique, même pour peu de temps.
La colombophilie. Elle n'a pas pour but de nuire au bien-être de l'animal. On peut aussi faire en sorte que le pigeon soit privé de sa liberté le moins longtemps possible.
Une politique de découragement
Une politique de découragement sera sans doute acceptée plus vite et plus largement qu'une interdiction.
Pour la pêche à la ligne, on peut penser à :
- ne plus empoissonner les eaux (c'est d'ailleurs aussi une façon de dénaturer la faune) ;
- interdire aux jeunes de pêcher sans la surveillance d'un adulte.
Pour la colombophilie, on peut penser à :
- fixer un maximum à la distance, à la fréquence et à la durée des vols d'un pigeon ;
- limiter les gains financiers des participants.
L'éducation
L'éducation peut aussi changer l'attitude des gens qui s'occupent d'animaux. L'école peut le faire auprès des enfants, les autorités auprès des adultes. Le message :
- les animaux ont droit à la liberté ;
- ne prenez pas un animal domestique élevé de façon contre nature ;
- ne prenez pas un animal domestique exotique ;
- ne prenez pas un animal domestique qu'il faut garder dans une cage, un terrarium ou un aquarium ;
- ne prenez pas un jeune animal domestique si vous avez de jeunes enfants ;
- ne choisissez pas de loisirs qui nuisent au bien-être des animaux ;
- n'organisez pas de compétitions avec des animaux.
Des mises en liberté non souhaitables
Il existe aussi des formes non souhaitables de mise en liberté. Il s'agit de relâcher des animaux dans un milieu où ils ne peuvent pas survivre sans l'aide de l'homme. C'est le cas des animaux qui vivent dans un état plus ou moins naturel, comme les aurochs de Heck, les koniks et les mouflons.
En pratique, on ne doit pas laisser ces animaux souffrir longtemps en cas de météo extrême ou de maladie. En les introduisant dans un territoire fermé et limité, l'homme devient responsable de leur bien-être.
De même, garder des animaux exotiques dans des zoos (privés) est une forme non souhaitable de mise en liberté, sauf s'il s'agit d'empêcher l'extinction de l'espèce. C'est vrai même si le zoo imite autant que possible leur milieu naturel. |