Manger de la viande : les conséquences pour les animaux, l'environnement, le climat et l'alimentation mondiale |
Manger de la viande : faits et chiffres
Manger de la viande semble un choix personnel, mais cela a des conséquences pour le monde entier : pour les animaux, pour la nature, pour le climat et pour les personnes qui ont faim. Sur cette page, nous résumons les faits les plus importants.
La viande en France
- En 2024, la consommation de viande a atteint 85,7 kilos par habitant, en équivalent carcasse (os compris) : 30,8 kilos de volaille, 30,6 kilos de porc et 20,8 kilos de bœuf. La volaille a rattrapé le porc ; le bœuf est à son niveau le plus bas depuis plus de vingt ans (Agreste et FranceAgriMer).
- En 2024, 22,2 millions de porcs ont été abattus en France, sans compter des centaines de millions de volailles.
- Seuls 2,2 % des Français sont végétariens et 0,9 % végétaliens. 24 % se disent flexitariens (FranceAgriMer, 2023).
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La production de viande gaspille de la nourriture
Dans le monde, plus d'un tiers de toutes les céréales va aux animaux : en 2024, environ 1 070 millions de tonnes sur près de 2 850 millions (FAO). Pour produire 1 kilo de protéines animales, il faut plusieurs kilos de protéines végétales. Une énorme quantité de nourriture est ainsi perdue en aliments pour le bétail.
Utilisation des terres
L'élevage occupe environ 77 % de toutes les terres agricoles du monde : pâturages et champs pour l'alimentation animale. Pourtant, il ne fournit que 18 % de toutes les calories et 37 % de toutes les protéines consommées par les humains (Poore et Nemecek, 2018). Les pays riches, dont la France, utilisent aussi beaucoup de terres dans d'autres pays pour leur bétail, surtout pour le soja du Brésil, d'Argentine et des États-Unis. |
La production de viande pollue l'environnement
L'agriculture est responsable de plus de 80 % des émissions mondiales d'ammoniac, surtout à cause des déjections du bétail. L'ammoniac retombe sur la nature sous forme d'azote et abîme forêts, landes et cours d'eau. En Bretagne, les nitrates des engrais et des effluents d'élevage provoquent depuis des décennies des marées d'algues vertes. En 2025, le tribunal administratif de Rennes puis la cour administrative d'appel de Nantes ont jugé que l'État n'en faisait pas assez contre cette pollution.
La viande demande aussi beaucoup d'eau. Selon le Water Footprint Network, 1 kilo de bœuf nécessite en moyenne 15 400 litres d'eau, 1 kilo de porc 6 000 litres et 1 kilo de poulet 4 300 litres. Pour 1 kilo de céréales, c'est environ 1 600 litres. |
La production de viande gaspille de l'énergie et nuit au climat
Selon la FAO, l'élevage mondial est responsable d'environ 12 % de tous les gaz à effet de serre émis par l'homme. Des estimations antérieures arrivaient à 14,5 % (2013) et à 18 % (2006).
La transformation des protéines végétales en protéines animales fait aussi perdre beaucoup de nutriments et d'énergie. Un porc a besoin d'environ 3 kilos d'aliments pour 1 kilo de viande, un poulet d'un peu plus d'un kilo et demi ; pour les bovins, c'est beaucoup plus. |
La production de viande coûte des vies
Chaque seconde, environ 2 400 poulets, 47 porcs et 10 vaches sont abattus dans le monde : plus de 80 milliards d'animaux terrestres par an. De plus, de nombreux poissons sont pêchés et élevés (voir poisson). Celui qui ne mange pas de viande épargne la vie de centaines d'animaux au cours de sa vie.
Si l'élevage industriel produisait moins de viande, il y aurait moins de souffrance animale. Moins de viande produite pour l'exportation, c'est aussi beaucoup moins de nourriture gaspillée.
La faim dans le monde
En 2024, environ 673 millions de personnes souffraient de la faim dans le monde : 8,2 % de la population mondiale (FAO, 2025). La sous-alimentation joue un rôle dans environ 45 % de tous les décès d'enfants de moins de cinq ans. En 2024, 4,9 millions de jeunes enfants sont morts, soit chaque jour quelque 6 000 enfants qui meurent en partie à cause de la sous-alimentation. Il y a assez de nourriture dans le monde pour nourrir tout le monde. Il vaudrait mieux que les habitants des pays riches mangent moins de viande et que la nourriture végétale soit partagée plus équitablement. |
Viande et santé
La viande et les produits laitiers ne sont pas nécessaires pour rester en bonne santé. Manger beaucoup de viande est même mauvais pour la santé. En 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l'Organisation mondiale de la santé a conclu que la viande transformée, comme la charcuterie et le jambon, peut provoquer le cancer colorectal. La viande rouge est probablement cancérogène. Le Programme national nutrition santé (PNNS) conseille de privilégier la volaille, de limiter la viande rouge à 500 grammes par semaine et la charcuterie à 150 grammes par semaine. Il recommande aussi de manger des légumineuses au moins deux fois par semaine.
Sources : Agreste et FranceAgriMer, Consommation de viande en France en 2024 ; Agreste, Porcins 2024 ; FranceAgriMer, végétariens et flexitariens (2023) ; Cour administrative d'appel de Nantes, algues vertes (juin 2025) ; Our World in Data, animaux abattus ; FAO, Food Outlook novembre 2024 ; Our World in Data / Poore et Nemecek (2018) ; PNAS (2022), ammoniac agricole ; Mekonnen et Hoekstra, Water Footprint Network ; FAO, Pathways towards lower emissions (2023) ; FAO, SOFI 2025 ; UNICEF, Levels and trends in child mortality 2025 ; PNNS. Mis à jour en octobre 2026. |
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