La signification centrale de la liberté
Dans nos systèmes juridiques, nous appliquons bel et bien le droit à la liberté à nous-mêmes. La Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 dit à l'article 3 : « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne ». En lisant les droits de l'homme classiques et en imaginant d'accorder des droits équivalents aux animaux, on découvrira que cela est tout à fait possible. Nous n'avons qu'à laisser l'animal libre, dans des limites beaucoup plus larges qu'à présent.
Que cela soit possible, la Déclaration universelle des droits de l'animal (en anglais), proclamée à la Maison de l'UNESCO à Paris le 15 octobre 1978, l'a déjà montré. Elle n'a pas de valeur juridique et n'a jamais été adoptée par l'UNESCO ni par les Nations unies, mais elle le dit clairement. Article 4 : « Tout animal appartenant à une espèce sauvage a le droit de vivre libre dans son propre environnement naturel, terrestre, aérien ou aquatique ». Article 5 : « Tout animal appartenant à une espèce vivant traditionnellement dans l'environnement de l'homme a le droit de vivre et de croître au rythme et dans les conditions de vie et de liberté qui sont propres à son espèce ». Toute modification de ce rythme ou de ces conditions imposée par l'homme à des fins mercantiles est contraire à ce droit.
Si l'animal ne peut pas se comporter de manière naturelle et libre, il s'agit d'une forme de maltraitance, malgré les bons soins qu'on lui donne. Les truies d'élevage passent des semaines, voire des mois, dans des cages où elles ne peuvent même pas se retourner : un exemple poignant de la violation de leur liberté de mouvement. L'article 9 de la Déclaration universelle dit que nul ne peut être arbitrairement détenu. Quel crime a commis le porc d'engraissement pour devoir passer sa vie avec trop d'animaux dans un espace trop petit et malsain ? Tout comme chez les hommes, cela entraîne l'ennui et l'agressivité.
Un autre exemple : l'article 5 de la Déclaration universelle protège les personnes contre les traitements cruels et donc leur intégrité physique. Couper les dents des porcelets ou les castrer, dans de nombreux pays encore sans anesthésie, peut tout à fait être appelé une violation de ce droit. Séparer la vache et le veau aussitôt après la naissance, c'est les traiter comme des objets. La fonction du veau est de déclencher la production de lait de sa mère. Ensuite, on le rend bon pour l'abattage aussi vite que possible.
Comme pour les hommes, les droits des animaux devraient être garantis par les deux mêmes concepts : liberté et égalité (pour tous les animaux). Que le comportement d'un animal soit déterminé par sa nature plutôt que par un libre choix n'ôte rien à son droit à la liberté. |