Relevé des plus graves abus de l'élevage industriel |
Le manque de respect du bien-être animal dans l'élevage intensif
Introduction
L'industrie de l'élevage, également connue sous le nom d'agriculture intensive, est une composante importante de l'agriculture moderne, mais elle soulève de nombreuses questions éthiques concernant le bien-être animal. Dans cette industrie, les animaux sont principalement élevés dans le but de maximiser la production dans les plus brefs délais. En conséquence, la plupart des animaux vivent dans des conditions qui sont loin d'être naturelles pour eux. L'objectif principal de ce secteur est l'efficacité et le profit, souvent au détriment du bien-être animal.
La vie d'un animal dans l'agriculture intensive est généralement courte et dépourvue de toute possibilité d'exprimer des comportements naturels. Les animaux sont souvent maintenus dans des environnements confinés et artificiels où leur liberté de mouvement est restreinte et leurs besoins sociaux et naturels largement ignorés. La pression constante pour croître rapidement et être abattus le plus tôt possible signifie que ces animaux atteignent rarement leur espérance de vie naturelle. Leur existence est marquée par un manque d'espace, d'air frais et d'interactions sociales, autant d'éléments essentiels à leur bien-être.
Dans ce contexte, il est important de réfléchir aux conséquences de la restriction de la capacité des animaux à exprimer des comportements naturels. Comme les humains, les animaux ont besoin d'explorer leur environnement, de nouer des liens sociaux et de se développer physiquement et mentalement. L'agriculture intensive les prive de ces opportunités, entraînant une vie de stress, de frustration et, finalement, une mort prématurée. Cette réalité soulève des questions fondamentales sur la manière dont nous traitons les animaux et la valeur que nous accordons à leur bien-être dans la recherche du profit économique. |
Abus par espèce animale
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Nous avons rangé les objections contre l'élevage industriel par type d'objection aussi.
Notre relevé des labels donne une énumération des facteurs qui influencent le bien-être animal. |
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Les porcs
En 2024, 22,2 millions de porcs ont été abattus en France. La grande majorité vit dans des bâtiments fermés, sur des caillebotis par lesquels tombent les excréments. Ils respirent toute la journée l'ammoniac du lisier. Les caillebotis leur blessent les pattes.
La loi exige peu. Un porc d'engraissement de 85 à 110 kilos a droit à 0,65 m², soit moins d'un mètre carré pendant toute sa vie. Il doit y avoir au moins 40 lux de lumière pendant huit heures par jour.
Les porcs ne connaissent rien en dehors du bâtiment. Ils sont donc pris de panique lors du transport à l'abattoir, vers l'âge de six mois. Les porcs sont de mauvais voyageurs. Ils sont sensibles au stress et tombent facilement malades en cours de route.
Quand elles ont des petits, les truies sont serrées entre deux barres, de sorte qu'elles ne peuvent ni se retourner ni s'occuper de leurs petits. On fait cela pour que les porcelets ne soient pas écrasés par leur mère par manque d'espace. |
Les contrôles
Les contrôles en élevage sont rares. Beaucoup de règles sont vagues : il faut par exemple des « matériaux manipulables », mais combien et lesquels ? Le résultat : des cases nues en béton avec une seule chaîne à mordre. D'autres règles sont difficiles à contrôler, comme le nombre d'heures de lumière dans la porcherie. |
Les porcelets
Les porcelets sont séparés de leur mère après 3 à 4 semaines, au lieu des 14 semaines naturelles. Ils partent ensuite dans un élevage d'engraissement, le plus souvent sur des caillebotis sans paille.
Presque tous les porcelets ont la queue coupée : 99 % selon un audit de la Commission européenne en 2019. Pourtant, la directive européenne interdit de le faire en routine. On coupe la queue pour éviter que les porcs se la mordent les uns les autres, par ennui et par stress.
En France, la castration à vif des mâles est interdite depuis 2022. Les porcelets sont encore castrés, mais sous anesthésie locale et avec un antidouleur. L'éleveur peut le faire lui-même chez les porcelets de moins de sept jours. On castre les mâles pour éviter l'odeur de verrat dans la viande.
Les porcs souffrent d'un stress grave (troubles cardiaques et digestifs) à cause du manque de liberté de mouvement. Par frustration, ils mâchonnent souvent les barres entre lesquelles ils sont serrés. Ce sont par nature des animaux joueurs et intelligents. |
Faites une visite virtuelle d'une porcherie. |
Les vaches
En 2025, la France comptait environ 3,1 millions de vaches laitières. En moyenne, les vaches laitières n'atteignent qu'environ 6 ans, alors qu'elles pourraient vivre naturellement une vingtaine d'années. Après près de 4 ans de traite en moyenne, leur production baisse et elles sont abattues : on en a tiré tout le profit. Pendant leur vie adulte, elles vêlent chaque année, parce que c'est la seule manière de maintenir leur production de lait. On sépare le veau de sa mère immédiatement ou au plus tard après une semaine, pour éviter qu'un lien se crée entre la mère et le petit. Selon les règles européennes, un veau de moins de 10 jours ne peut pas être transporté sur plus de 100 kilomètres. Beaucoup de veaux partent ensuite très jeunes à l'étranger pour y être engraissés en peu de temps.
Durant les huit premières semaines, on loge les veaux souvent à l'écart de leur mère et des autres veaux (dans des "iglous"), parce qu'ils ont une grande envie de téter. Si on les plaçait en groupes, ils se téteraient les uns les autres.
Les premiers jours après la naissance, le lait maternel (le premier lait) a un goût différent et il est encore meilleur pour la santé des veaux (leur offrant une protection supplémentaire pendant les premiers jours de la vie). Aussi donne-t-on le premier lait aux veaux. |
Les veaux
Les veaux élevés pour la viande sont abattus jeunes, le plus souvent vers six mois. En 2024, environ 989 000 veaux ont été abattus en France. La France est le deuxième producteur de viande de veau de l'Union européenne, après les Pays-Bas. Presque tous ces veaux (94 %) sont élevés sans téter leur mère. Les veaux peuvent être transportés dès l'âge de deux semaines.
Les veaux de viande blanche reçoivent surtout un lait de remplacement si pauvre en fer que la viande reste pâle. La directive européenne sur les veaux ne fixe qu'un seuil minimal : en moyenne 4,5 mmol d'hémoglobine par litre de sang. À partir de deux semaines, les veaux doivent aussi recevoir un peu de fourrage, jusqu'à 250 grammes par jour. Comme le fer est maintenu au plus bas, les veaux lèchent souvent le métal de leur case.
Après huit semaines, les veaux ne peuvent plus être logés dans des cases individuelles. Ils sont alors élevés en groupe, le plus souvent sur des caillebotis durs en bois ou en béton, avec environ 1,8 m² par veau. L'étable doit être éclairée pendant la journée ; l'obscurité totale d'autrefois est interdite. Mais brouter, courir ou téter leur mère, ces veaux ne le pourront jamais de toute leur vie.
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Les poules pondeuses
Quand les poussins sortent de leur œuf dans le couvoir, ils déménagent à une entreprise de ponte ou d'engraissement en fonction de leur race et de leur sexe.
Les poussins mâles des races pondeuses n'ont aucune valeur pour l'industrie. En France, leur élimination est interdite depuis 2023 : le sexe est déterminé dans l'œuf, avant l'éclosion. Il existe toutefois une exception pour les souches à œufs blancs et les souches traditionnelles, soit environ 15 % des poules : leurs poussins mâles peuvent encore être tués au gaz.
Moins d'un tiers des poules pondeuses françaises vit encore en cage (2024). La filière vise 10 % en 2030. Les cages en batterie classiques sont interdites dans l'UE depuis 2012. Les cages « aménagées » restent autorisées : environ 750 cm² par poule, à peine plus qu'une feuille de papier. Une poule pond environ 300 œufs par an. Quand elle pond moins, elle part à l'abattoir, généralement à un peu plus d'un an. |
Les poussins de chair
En 2024, plus de 700 millions de poulets ont été abattus en France. Les poussins de chair vivent environ 6 semaines, après quoi on les abat. Durant ce temps bref, ils croissent extrêmement vite grâce à de la nourriture spéciale, de sorte qu'ils ne sont plus des poussins, mais des poulets à peu près adultes. S'ils vivaient plus longtemps dans ces circonstances, ils deviendraient trop lourds et se tueraient à force de croître. Pour le transport à l'abattoir on les serre de force dans des caisses à claire-voie, de sorte que les animaux risquent de se casser une aile ou une patte. On les transporte dans ces circonstances stressantes à l'abattoir sur des camions (mi-ouverts).
Dans l'UE, les volailles doivent être étourdies avant l'abattage. Beaucoup d'abattoirs utilisent un bain d'eau électrifié. Pour cela, les poulets sont suspendus vivants par les pattes, la tête en bas. |
Les dindes
En 2024, 31,7 millions de dindes ont été abattues en France. Dans les élevages commerciaux, on tient les dindes par milliers dans un petit espace obscur. Ceci amène d'ordinaire de l'agressivité, des problèmes des pattes, du stress, du picotage de plumes et du cannibalisme. Ce secteur économique a pour but d'engraisser les dindes le plus tôt possible. Aussi la politique d'élevage est-elle centrée sur une grande vitesse de croissance. Une suite grave de cette sélection est que les animaux ne peuvent plus s'accoupler d'une manière naturelle. Les coqs sont trop lourds à cause de leur croissance accélérée. L'insémination artificielle est la seule façon dont les poules peuvent être fécondées. |
Le foie gras
La France produit environ 60 % du foie gras mondial : 12 200 tonnes en 2024. Presque tout vient de canards (99 %), le reste d'oies.
Les canards vivent d'abord quelques mois en plein air ou en bâtiment. Pendant les deux dernières semaines de leur vie, ils sont gavés. Enfermés dans des cages ou de petits parcs collectifs, ils reçoivent deux fois par jour un tube long d'environ 30 cm dans le gosier.
Sous pression, on leur enfonce une grande quantité de bouillie de maïs jusque dans le jabot. Cette dose excessive de nourriture a pour conséquence que la graisse s'accumule à toute vitesse dans le foie. La circulation sanguine et la respiration des oiseaux sont troublées, car le foie, devenu plusieurs fois plus gros, comprime les poumons. |
Les visons
(mais aussi les renards, les lapins, les ratons laveurs, les rats musqués et les chinchillas)
Au printemps les jeunes visons naissent dans une cage. Après sept mois (lorsque les animaux ont leurs poils d'hiver), on les tue et les écorche. Pendant leur vie courte, les animaux sont logés dans des cages beaucoup trop étroites. Ils ne peuvent ni courir, ni se cacher, ni fuir. Il leur manque de l'eau pour nager et pour pêcher. La cage ne contient qu'une douille à boire d'où ils reçoivent leur eau potable. Les visons sont des animaux carnassiers non domestiqués ayant les mêmes caractéristiques que leurs congénères qui vivent à l'état sauvage. Il n'est pas étonnant qu'ils deviennent fous d'ennui et de frustration s'ils vivent dans une petite cage. Ceci est démontré par le comportement anormal et stéréotypé présenté par les visons en captivité. Ce comportement consiste dans la répétition infinie de mouvements inutiles (comparable aux cent pas faits continuellement par les carnassiers qui vivent dans les mauvais zoos). En outre les visons détruisent régulièrement leur propre queue et leurs propres poils en les mordant. Ils font souvent des tours durant longtemps ou tournent leur tête continuellement autour de la douille à boire.
En France, la loi du 30 novembre 2021 a interdit l'élevage de visons pour leur fourrure. Dans d'autres pays, il continue. |
Les lapins
En 2024, 15,3 millions de lapins ont été abattus en France. Plus de 99 % vivent en cage, avec peu de place pour sauter. Les lapines ne sont que des articles jetables. Elles mettent bas portée après portée. Quand elles produisent moins de petits ou tombent malades, on les remplace. Beaucoup de jeunes lapins meurent aussi, avant et après le sevrage. La cause principale est le mauvais logement des animaux dans l'élevage intensif des lapins.
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Les transports internationaux des animaux
La France exporte beaucoup d'animaux vivants. En 2024, elle a exporté 962 000 jeunes bovins (broutards), dont 82 % vers l'Italie, où ils sont engraissés.
Depuis le port de Sète, des bateaux partent avec des bovins et des moutons vers l'Afrique du Nord. En 2022, près de 100 000 bovins y ont transité, surtout vers l'Algérie. Les navires sont souvent anciens. En septembre 2022, 789 jeunes taureaux partis de Sète ont été refusés à Alger. Ils sont restés environ trois semaines à bord avant de revenir à Sète. Depuis septembre 2023, l'Algérie n'achète plus de bovins vivants français à cause d'une maladie animale. Les bateaux partent alors moins souvent, par exemple vers la Tunisie. Dans le pays de destination, les règles européennes ne s'appliquent plus : beaucoup d'animaux y sont abattus sans étourdissement.
Afin d'éviter qu'ils vomissent dans le camion, il arrive que les animaux ne reçoivent plus rien à manger la veille de l'embarquement. On mène les animaux rudement du bâtiment obscur où ils ont été abrités au camion. Ils sont déjà complètement à bout avant que le voyage ait à peine commencé.
Les transports internationaux augmentent le risque de propagation de maladies comme la fièvre aphteuse. Les animaux qui sont en route pendant des journées entières arrivent dans toutes sortes de lieux où passent des animaux d'autres pays aussi. |
Abattage sans anesthésie (suffisante)
Dans l'UE, l'étourdissement avant l'abattage est obligatoire. L'exception est l'abattage religieux, comme l'abattage rituel, souvent pratiqué sans étourdissement. Mais l'étourdissement échoue aussi souvent. L'animal est alors conscient quand on le tue. |
Le commerce des poissons
En faisant usage de chaluts, on n'attrape pas seulement les poissons souhaités. Selon la FAO, environ 9,1 millions de tonnes de captures sont rejetées à la mer chaque année : près de 11 % de toutes les prises. Près de la moitié vient des chaluts de fond. On rejette ces poissons parce qu'ils sont trop petits, parce que le quota est déjà atteint ou parce qu'ils n'ont pas de valeur commerciale. Les poissons rejetés à la mer sont à ce moment-là déjà écrasés, étouffés ou morts d'une autre manière. Pour les poissons de mer il n'existe pas encore de règle pour une mise à mort humaine.
Celui qui n'est pas impressionné par la souffrance des poissons pendant la capture est renvoyé à la capture secondaire de mammifères comme les dauphins lors de la pêche au thon. Les dauphins s'empêtrent dans les filets longs de plusieurs kilomètres et ce n'est plus qu'une noyade lente qui les attend.
Les chaluts ruinent le fond de la mer, de sorte que l'écosystème est entièrement perturbé et se perd pour longtemps. Selon la FAO, 37,7 % des stocks de poissons marins sont surexploités (2021).
Les poissons ne sont pas seulement capturés, mais encore élevés. On nourrit les poissons élevés de farine de poisson provenant de la pêche sauvage. On tient certains poissons, par exemple les saumons, dans des bacs flottants énormes, ce qui fait penser à l'élevage industriel, avec tous les désavantages qui en résultent. Plus d'informations : le poisson est-il une bonne alternative à la viande ? |
Sources : Agreste, Statistique agricole annuelle 2024 (abattages de porcs, poulets, dindes et lapins) ; Agreste via Réussir (veaux 2024) ; Agreste via Pleinchamp (vaches laitières 2025) ; FranceAgriMer, fiches filières veau et foie gras 2026, bilan 2024 des broutards ; Commission européenne, audit DG Santé 2019 (caudectomie) ; arrêté du 24 février 2020 (castration) ; décret 2022-137 (poussins) ; Assemblée nationale, réponse à la question écrite n° 1069 (5 novembre 2024 : poules en cage) ; Interprofession du lapin, Plan de filière 2018-2022 ; loi 2021-1539 (visons) ; TSA Algérie (4 juin 2024) et Welfarm (19 septembre 2022) sur le port de Sète ; directives 2008/120/CE (porcs), 1999/74/CE (poules) et 2008/119/CE (veaux) ; règlement (CE) 1099/2009 (abattage) ; FAO, A third assessment of global marine fisheries discards (2019) et La situation mondiale des pêches et de l'aquaculture 2024. Mis à jour le 8 octobre 2026.
Pour les images de la vie de ces animaux avant qu'ils ne soient tués, visitez le site Web du photographe Jo-Anne McArthur. |
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