Comment fonctionne le droit des animaux à la liberté ?

Les droits des animaux sont-ils correctement établis juridiquement ?

Le premier alinéa de l'article 36 de la Loi néerlandaise sur la santé et le bien-être des animaux de 1992 était ainsi conçu : « il est interdit de causer des douleurs ou des lésions à un animal ou de nuire à la santé ou au bien-être d'un animal sans but raisonnable, ou en transgressant ce qui est admissible pour atteindre un tel but ». Depuis 2013, la même disposition figure à l'article 2.1 de la Loi sur les animaux.

Seule la cruauté (active) envers les animaux est rejetée par la société comme immorale et interdite par la loi. La cruauté passive est rejetée par une majorité de la société, mais ses membres n'agissent pas encore contre elle et la loi n'a pas encore été adaptée sur ce point. Le défenseur de la loi reste en retard sur le dépassement grossier des bornes par l'élevage industriel.

Afin de montrer comment il faut interpréter ce droit en termes de liberté, nous comparons deux situations : comment on considère maintenant l'entretien et l'abattage des animaux et comment il faudrait le faire si les animaux avaient un droit constitutionnel à la liberté.

De maintenant au droit à la liberté

maintenant avec un droit à la liberté pas de différence
InévitableÉvitable mais acceptéÀ éviter : pas comme il fautImmoral
Tuer des bactéries et des virus
Insectes victimes de la route ou écrasés en se promenant
Tuer des mouches ou des moustiques
Mammifères victimes de la route ou de captures accessoires
Chasse de contrôle *
Animaux « domestiques » exotiques
Oiseaux en cage
Jardins zoologiques (privés)
Chasse d'agrément
Vivisection
Élevage d'animaux à fourrure interdit aux Pays-Bas depuis 2021 en France, élevage de visons interdit par la loi de 2021
Porter de la fourrure pour le luxe ***
Braconnage
Cruauté envers les animaux

Quelque chose d'inévitable et pourtant interdit n'existe pas, ni maintenant ni plus tard.

Évitable ou à éviter ?

escargot qui protesteLa plupart des situations dans les rapports avec les animaux relèvent de la catégorie « évitable » ; c'est à l'individu de choisir à quel degré il accepte ces situations.

Si l'on prend la liberté comme droit fondamental des animaux, la catégorie « évitable » devient « à éviter ». Nous voulons signaler par cette différence subtile qu'il vaut mieux éviter ces choses, mais que, compte tenu de la situation, le principe que les animaux ont droit à la liberté reste valable. Par exemple : si vous estimez que vous avez le droit de manger des animaux (ce qui est évitable et non nécessaire), vous êtes néanmoins moralement obligé d'opter pour les animaux qui ont eu l'occasion de présenter leur comportement naturel autant que possible durant toute leur vie avant l'abattage.

Les animaux dont il s'agit sont des vertébrés : des poissons, des reptiles, des amphibiens, des oiseaux et des mammifères. En principe, les droits des animaux valent pour tous les animaux, mais nous ne voulons pas faire d'une mouche un éléphant.

lapin qui protesteSi l'on prend la liberté comme point de départ pour les droits des animaux, cela a un certain nombre de conséquences pour l'élevage, les sports et nos rapports avec les animaux domestiques : il faut les restreindre.

* Nous préférerions rendre la chasse de contrôle superflue en favorisant l'équilibre naturel, éventuellement par la (ré)introduction de prédateurs naturels. Il ne serait alors pas nécessaire de discuter de son interdiction.

** L'entretien d'animaux domestiques qui n'ont pas été élevés d'une façon contre nature et qui peuvent se conduire d'une manière naturelle. En général, on pourrait partir du principe suivant : « si l'animal reste chez un être humain en toute liberté, il n'y a aucune objection à le garder comme animal domestique ».

*** On peut être responsable de la souffrance animale en premier lieu ou secondairement. Le port de fourrure (synthétique) est autre chose (responsabilité plutôt secondaire) que l'élevage d'animaux à fourrure (responsabilité plutôt primaire). Une interdiction de porter de la fourrure va trop loin, parce qu'elle peut amener les gens à porter de la fourrure par pure rébellion. Il en est de même pour l'obligation de manger de la viande écologique. Il vaut mieux exercer une pression sociale pour ces choses.

Qu'est-ce que la liberté ?

hérisson qui protesteC'est à dessein que nous ne donnons pas de définition de la liberté. La liberté est un concept paradoxal, qui devient inefficace par une élaboration trop détaillée : « freedom defined is freedom denied » (définir la liberté, c'est la nier).

Les animaux sont libres :

  1. de soif, de faim et de nourriture impropre ;
  2. de contraintes physiques et physiologiques ;
  3. de douleurs, de blessures et de maladies ;
  4. de peur et de stress chronique ;
  5. de présenter leur comportement naturel (propre à leur espèce).

Ces premières libertés sont incontestées, alors que les deux dernières ne sont (malheureusement) souvent pas réalisées dans la pratique.

Voir aussi : Sophismes sur la chasse aux phoques ; Inconvénients qu'un chien éprouve en raison d'une sélection extrême.